À Lubumbashi, le Tribunal du travail a examiné, ce mardi 25 novembre 2025, la plainte de KIKABA KIONI contre son ancien employeur, Kyondo Radio Télévision. Le journaliste réclame 15 mois d’arriérés, son décompte final et des dommages intérêts, au terme d’un dossier qui illustre la précarité salariale dans les médias.
Le Tribunal du travail de Lubumbashi a siégé dans l’affaire inscrite sous le numéro RT : 2579, opposant KIKABA KIONI Nestor, ancien rédacteur en chef de Kyondo Radio Télévision, à son ex employeur. Le journaliste réclame 15 mois d’arriérés de salaire ainsi que la communication de son décompte final.
Selon les avocats du demandeur, M. KIKABA KIONI avait été engagé en 2011 comme journaliste reporter avec un salaire mensuel de 350 dollars. Il a rapidement gravi les échelons pour devenir rédacteur en chef. Au fil du temps, lui et ses collègues auraient subi de longues périodes d’impayés. Une délégation du personnel avait adressé une lettre à la direction pour demander la régularisation des salaires, sans jamais obtenir de réponse.
Le journaliste a démissionné le 8 octobre 2024. Quarante huit heures après, l’employeur lui aurait réclamé l’exécution d’un préavis de 53 jours. En novembre 2024, la société a fermé ses portes sans préavis, laissant les travailleurs constater le démantèlement du matériel technique. Les conseillers de M. KIKABA affirment par ailleurs que le bâtiment du siège social aurait été vendu. Ils indiquent avoir obtenu une nouvelle adresse de l’employeur auprès du Guichet unique.
Avant de saisir la justice, le demandeur a tenté une conciliation devant l’Inspection du travail. L’inspecteur a invité à trois reprises l’employeur, sans réponse ce qui a abouti à un procès verbal de non conciliation.
Sur le fond, M. KIKABA invoque la violation de l’article 99 du Code du travail (obligation de payer les travailleurs aux échéances convenues) et l’article 73 (faute lourde de l’employeur). Il réclame notamment des dommages et intérêts, le paiement de 36 mois de salaire comme le prévoit la loi en cas de licenciement abusif, 15 mois d’arriérés et la remise de son décompte final.
La partie défenderesse, Kyondo Radio Télévision, n’était pas représentée à l’audience pour des raisons non précisées. Le ministère public a, pour sa part, demandé au Tribunal de déclarer l’action recevable et fondée, et de mettre les frais de la cause à la charge de la partie défenderesse. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré.
Ce procès met en lumière la vulnérabilité des professionnels des médias face aux impayés et aux fermetures abruptes d’entreprises. Au delà du litige individuel, il pose la question de l’application effective du droit du travail et de la protection sociale des journalistes en RDC : justice doit être rendue pour faire respecter les droits et prévenir de nouveaux abus.
Yoland Malangu









