À l’occasion de son départ à la retraite, Jean Pierre Mukendi, agent de longue date de la Minière de Bakwanga (MIBA), alerte sur l’insuffisante préparation des jeunes appelés à assurer la relève. Faute de formation, d’encadrement et d’une relance effective, le savoir faire accumulé risque de disparaître.
Interrogé par Mines et Industries Magazine à l’occasion de son retrait, Jean Pierre Mukendi dresse un constat alarmant sur la transmission des compétences au sein de la MIBA. Après de nombreuses années de service, ce technicien chevronné estime que le déficit de formation et le manque d’encadrement fragilisent gravement la passation entre générations.
« Beaucoup de jeunes ne sont pas suffisamment préparés pour reprendre le flambeau. Il y a un réel déficit de formation et de discipline professionnelle », confie t il. Prévu pour partir à la retraite en 2022, M. Mukendi n’a pris sa retraite qu’en 2025 ; il redoute que l’expérience des anciens se perde si des mécanismes de mentorat et de renforcement des capacités ne sont pas rapidement instaurés.
Selon lui, la reprise effective des activités de la MIBA est une condition indispensable à une formation sur le terrain. L’absence d’une relance tangible affecte non seulement la productivité de l’entreprise, mais aussi l’apprentissage pratique des jeunes : manque d’investissements, équipements insuffisants et arrêts partiels des activités freinent l’acquisition des compétences.
« Sans une relance réelle des activités, il est difficile de former correctement les jeunes et de transmettre l’expérience des anciens », insiste M. Jean-Pierre Mukendi. Il ajoute : « Un jeune ne peut pas accepter de rester deux mois sans toucher son salaire. Même la formation exige une prime d’encouragement. »
Pour cet ancien agent, la relance doit s’accompagner d’une politique RH claire, centrée sur la formation continue, le mentorat et la valorisation des compétences locales. Il exhorte par ailleurs la jeunesse à faire preuve de sérieux, d’appétence pour l’apprentissage et de respect des valeurs du travail conditions, selon lui, pour assurer la pérennité de la société.
Cette prise de parole intervient alors que la MIBA affronte encore de nombreux défis opérationnels et financiers. Sans une action concertée des autorités et des responsables de l’entreprise, la transition générationnelle, cruciale pour la survie et le redressement de la société, risque de rester lettre morte.
Si rien n’est fait, c’est toute une mémoire industrielle et avec elle l’avenir de la MIBA, qui pourrait s’éteindre avec la génération des anciens.
Trésor Kasamba









